Famou était un type spécial, diraient certains. Mais alors, nous dirions qu’il était d’une spécialité somme toute assez… typique. Il venait de la région des savanes, au nord ouest de la Côte d’Ivoire. « Le grand nord…» comme il aimait à le dire à quiconque voulait en savoir un peu plus, sur ses… savanes.
Ça faisait bien longtemps qu’il vivait en Europe, Famou. Mais il l’aimait pas, l’Europe. En fait, il la détestait l’Europe, il la supportait plus l’Europe, il la vomissait « cette Europe ». Son truc à lui, c’était Orchestra Baobab. De la musique cubaine à la sauce ouest africaine. Il pouvait danser là d’ssus pendant des heures quand il revenait du boulot, et cela avant même d’avoir mangé, en fait toujours avant d’avoir mangé. Il l’aimait « creuse » la musique. Et puis il aimait « rentrer dans les sons à la façon d’une plume de poulet bicyclette », comme il le disait. Alors non, il ne pouvait pas se bourrer de bouffe avant ! L’orchestra c’était à jeun que ça se prenait. Et oh qu’il en prenait ! Il positionnait bien son corps maigrichon sur le carrelage frais et il « étirait ses vieux os » (il avait 56 ans). Et il chantait. Il chantait il chantait. Parfois il chantait en yaourt, parfois il chantait Coumba. Coumba. Son amour de Coumba.
Coumba Coumba tu as changé de couleur
Coumba Coumba la mer n’est plus bleue pour toi
Ah qu’il fatiguait tout le monde avec sa Coumba ! Et personne ne pouvait même en rire ! « Vous n’avez pas le droit », disait-il. Et il était sérieux. On n’y touche, à Coumba.
A part l’Orchestra, Famou aimait les livres. Il en avait toute une collection. Il y en avait partout dans l’appart. Il en achetait une dizaine par mois. Le salon en était bourré ! Il y avait du Cheikh Amidou Kane, de l’Alex Hailey, de l’Ann Petry, de l’Ahmadou Koné, de l’Aminata Sow Fall, du James Baldwin, du Hampaté Bâ, de l’Aimé Césaire, du Théophile Obenga, de l’Aminata Traoré, du Djibril Tamsir Niane, du Cheikh Anta Diop, du Boubacar-Boris Diop, du David Diop, du Koffi Kwahulé, du Veronique Tadjo, de l’Ama Ata Aidoo, du Mariama Bâ, du Mongo Bêti, du Marcus Garvey, du Bernard Dadié, du Walter Rodney, du Chinua Achebe, de l’Ama Mazama, de l’Ahmadou Kourouma, du Carolyn Cooper, du Toni Morisson, de l’Ousmane Sembène, et l’on se perdrait à tous les citer ! Cependant il n’en lisait jamais plus d’un par mois, et rarement intégralement. Pourtant c’était un rituel chez lui, l’achat des bouquins. Il était pas lecteur, il était bouquiniste. Bouquiniste : tout un art chez lui : Il revenait souvent à l’appartement, après le boulot, avec quelques nouveaux bouquins, et s’asseyait alors à la table à manger. Sur la table étaient posés une grosse carafe de Bandji, et des verres, de gros verres. Mais c’était pas pour lui. Il buvait pas Famou. Il comprenait pas ça, disait-il.
Famou sortait alors un livre du sachet de course, le posait sur la table, se détournait l’espace de quelques secondes, le sourire aux lèvres, les yeux clignotants, puis revenait à lui, reprenait le livre entre les mains, ouvrait grand les yeux, et regardait la couverture, il regardait la couverture comme s’il voulait s’y perdre, comme s’il s’y était déjà perdu. A le voir si hypnotisé par une foutue couverture de bouquin, c’était comme avoir Miles Davis et son orchestre nous jouant Bitches Brew. Car c’était bien du Bitches Brew qui se passait entre Famou et la couverture : il semblait entrer dans l’image. C’était comme s’il creusait, comme s’il fouillait en elle. Encore et encore. Toujours plus profondément, toujours plus totalement. Au bout de quelques minutes, les larmes lui montaient irrémédiablement aux yeux. Des yeux aveuglés par le voyage, par le détour. Nous n’avions jamais rien vu de semblable chez personne avant de le connaître. Et c’était son plaisir ça. C’était notre plaisir aussi. Quand il remettait le bouquin sur la table, nous étions tous extenués. Tout comme lui. La boisson fait la vie. Alors les verres se remplissaient à nouveau de Bandji. Et tout le monde se laissait soûler. Soûler de Famou. Il parlait beaucoup dans ces moments là, il n’arrêtait pas, il était heureux. Nous l’étions aussi. Nous l’étions toujours avec Famou. Surtout quand il ouvrait enfin le livre. Mais ce n’était jamais le même jour que celui de la couverture. A chaque jour son plaisir. Mais quand ça arrivait, nous étions là pour le voir. Il lisait rapidement un peu de la première page du livre, puis la laissait comme ça, inachevée, en attente de lui, et allait en découvrir d’autres, peut-être des plus vertes, des plus fertiles, et quand il tombait sur une page qui l’emballait vraiment, il s’y tenait, il s’y attelait, il la parcourait respectueusement, amoureusement : il posait ses grands doigts rugueux sur elle, ses doigts descendaient sur la page en dessinant d’imaginaires courbes arrondies. Peut-être était-ce la hanche de Coumba comme il l’imaginait. Peut-être était-ce autre chose. Toujours est-il que cela faisait qu’il ne lisait pas les lignes de mots en entier, toutes celles qui sortaient des courbes qu’il avait tracé ne comptaient pas pour lui.
Parfois il cornait la page quelques instants, le temps d’aller se chercher une orange dans la cuisine. Puis il revenait, reprenait sa page, et croquait dans l’orange sans l’avoir épluchée auparavant ! (Il disait que c’était pour mieux sentir « la chose »). Souvent le jus de l’orange coulait un peu sur son menton, il le nettoyait alors d’un revers de la main. Nous adorions le regarder. Nous aurions pu passer notre vie commune à le faire. Nous le regardions et nous buvions. Nous n’avons jamais autant bu de ce vin qu’en face de Famou. Mais à y penser à deux fois, étions nous vraiment soûls comme on l’entend généralement ? Probablement pas. Si nous étions soûls de quoi que ce soit, c’était d’insatiabilité : nous en redemandions toujours encore. Nous en voulions toujours plus. Nous étions bien. Nous étions infiniment bien.
Parfois aussi, il cornait la page le temps d’aller parcourir sa collection d’albums de musique, présente sur l’étagère. [L o n g temps]. Quand il ouvrait la porte de l’étagère, c’étaient des couleurs qu’on voyait d’abord, pleins de couleurs, des centaines, des milliers de couleurs éparpillées tout partout, qui se révélaient telles les fleurs printanières. Les dégradés de jaune, violet, orange vous éclaboussaient au visage en lignes diagonales. C’était une sorte de very last trip avant la fin de la nuit : l’ultime cloche de l’infini Minuit. Et ohh qu’il y en avait de belles choses là d’dans ! Tous les sentimentaux : Otis Redding, Farka Touré, Al Green, Ismael Isaac. Il n’écoutait que la musique faite par les hommes « car ils ne parlent jamais que de femmes et ce sont les mieux placés pour le faire », expliquait-il. C’était un autre monde cette étagère. Un monde où toutes les voix nègres se rencontrent et voguent aux mêmes espoirs. Qui a parlé de pouvoir musical ? Sans même évoquer l’accueil qu’on recevait ! Ça semblait bouger, vibrer, chauffer là-dedans… ça aurait pu vous tourner, vous retourner, et vous recréer comme de l’huile chaude ! C’était un monde moins brumeux, moins stressant, moins réel. Mais tellement plus dangereux, plus violent aussi. Un monde virtuel bourré d’adrénaline et de rêves éclatés.
D’ailleurs la plus belle musique que nous avons écouté, nous l’avons écoutée avec Famou, et pas seulement celle des artistes cités. Non, c’était bien TOUTE la belle musique que l’étagère consentait à expulser. La musique n’avait pas besoin d’être physiquement là. Il nous suffisait de jeter un coup d’œil aux vieilles pochettes de disques de Famou, et tout nous revenait dans la voix de Redding, de Touré, de Green, d’Isaac. Les plus beaux swings, les plus beaux funks. Oui. C’était bel et bien toute la passion incendiaire du groove qui nous prenait. Et c’était fabuleux ! Chacun d’eux parlait le monde, parlait pour tout le monde.
La voix d’Al Green par exemple – toute pareille à l’encens que font brûler nos mères, cette voix qui semble contenir toute la chaleur, tout le ravissement du monde, et qui vous tient en si bonne compagnie dans ces jours solitaires d’hiver où les vôtres vous manquent tant – invitait l’autre au bal, l’autre Divin Vocal, Marvin’. La voix de Marvin’. Voix qui coule dans les oreilles comme un miel d’ébène, subtilement fruité, et puis qui vient vous regarder, qui vous regarde bien dans les yeux, et chante pour vous, et seulement pour vous, vous tous, posés là, terrassés, inertes. Ces deux voix convolaient, elles convolaient furieusement et nous le savions.
Et Isaac alors. Nous voyions la pochette et immédiatement après, nous le voyions lui. Ismaël. Sur la piste. Ne faisant plus qu’un avec son micro, et son corps, son corps vivant, son corps mutilé, son corps toujours debout, son corps nègre. Le corps nègre ne parle jamais pour ne rien dire vous savez. Demandez à une chanteuse de Gospel, elle vous le dira. Qu’elle y croit ou pas à son Jésus, nous y croyons à sa voix. Regardez-la se perdre dans la voix, dans le sublime excès de beauté, regardez la rugir, supplier, rugir, supplier, rugir, et rire. Elle sait prendre la souffrance nègre au plus bas d’elle-même, et sait la muer en cette espèce d’art parfait. Regardez là. Regardez là bien.
Avec Touré, c’était encore une autre affaire. Il ne vous invitait pas seulement à la musique. Il décrivait des paysages, des atmosphères. Il connaissait l’histoire, et il savait vous la raconter, c’était un Djeli le Touré, un Djeli noble. Avec lui nous avons connu les déserts enivrants, les dessous de palmiers, le thé dans les petits verres, les rires des enfants nus aux teints lumineux, les danses effrénées des femmes-mères, les soleils profonds, les vents frais. Nous l’avons vu et nous avons aussi vu Baaba Maal, et nous avons aussi vu Ismael Lo. Ils étaient tous là, ces Djelis éternels. Ils chantaient, ils contaient. C’était leur vie ça ! Ce fut la notre aussi.
Ces hommes là nous accompagnaient vraiment tous. Redding surtout. On fermera l’étagère avec lui. C’est 2001 à nouveau. Hollywood projette Ali. Nous sommes dans la voiture avec Ali, Mohamed Ali. La radio annonce la sentence. Il est mort. Malcom. Il est mort. Malcom est mort. Salement mort. Malcom est mort. Voilà. Voilà ce qui vient d’arriver. Et là, si vous vous souvenez bien, on entend le tube, le tube nègre par excellence, A Change is gonna come. Qui l’a chanté cette fois ? dans ce film ? Nous le savons pas. Nous le savons plus. Nous ne voyons qu’Otis. Otis le micro à la main. Pris de douleur positive, un Isaac un peu plus vieux, un peu plus légendaire. Otis chante mais qui va le croire ? Nous n’y croyons pas à son message. Qui va y croire ? Nous, nous avons cessé d’y croire. C’est d’ailleurs pour ça que nous l’aimons ce tube. Parce que personne n’y croit. Nous l’aimons violemment ce tube nègre. Et plus encore, nous aimons Otis, Otis qui ment, mais qui ment si bien, si fort, tellement fort, que finalement… pourquoi pas ?
Puis Famou repartait vers son livre. Il le feuilletait encore, ses yeux se baissant, puis se relevant au rythme effréné des courbes. A le voir si accaparé, nous faisions de même. Et si nous ne savions pas toujours ce qu’il lisait, nous avions toujours une idée de ce qu’il y avait à y entendre. Alors nous plongions une dernière fois dans les restes sonores de Marvin, de Touré. Nous plongions dans Erdi… nous plongions dans When Did You Stop Loving Me, When Did I Stop Loving You…On s’y perd mais on y gagne tout… Marvin’… nous abusions de sa voix, nous abusions de son groove… Les odeurs d’orange et de vin de palme avaient infusé l’air. Et les pages tournaient, tournaient vite, avec un bruit digne du dernier bon funk festival. Un funk qui fait suer, suer, suer… on danse approximativement, on étouffe de chaleur, mais rien ne nous arrête jamais… Famou puisait tout ce qu’il y avait à puiser dans ces pages. Il pêchait le Blues Famoudou. Il allait bien au fond des pages, de la musique, bien dans le sous sol, et il le pêchait le Blues. Il avait la main faite pour ça. La grande main rêche au noir presque bleu ; bleu comme la mer assassine, bleu comme le ciel haut, trop haut. La main nègre. Il avait la main nègre. Il sortait toujours du fond avec des trésors. Famou n’était que trésor. Alors nous le laissions faire. Nous avions Touré pour nous de toute façon. Nous avions le Djeli noble. Sa guitare aspirait toute notre énergie. Tout notre moi. Erdi nous a rendus fous. Complètement fous.
Puis Famou refermait le livre. Il allait au balcon. Allumait une cigarette. Et regardait loin, loin devant lui. Bien trop loin pour nous.
T o u s l e s j o u r s, Famou allait au travail, comme tout le monde. Lui demander comment se passaient ses journées ne faisait jamais que l’irriter. C’était du travail, un point c’est tout ! Tous les aspects humain, relationnel, sentimental, enfin tout c’que vous voulez, ne l’intéressaient guère. « C’est du travail ! », répétait-il. Ça payait les livres et le papier cul et ça aidait la famille au pays. Voilà toute l’affaire. Fallait pas chercher midi à quatorze heures. Mais nous savions bien qu’il détestait son travail. D’ailleurs qui ne déteste pas son travail ? Après 8 heures par jour, 40 heures par semaine, 160 heures par mois, 1720 heures par an [- quelques heures de vacances], y a bien assez de raison pour le détester son travail ! Alors oui il le détestait. Il le détestait t o u s l e s j o u r s.
T o u s l e s j o u r s il lui fallait affronter ce sacré temps défavorable, ce temps qui ne l’aimait pas. Ce temps anti-nègre. La neige dégueulait, elle se dispersait dans l’air comme une profusion d’insectes. Il la sentait sur son visage. Il la sentait sur ses habits. Il la sentait sous ses pieds. Elle était partout. Aussitôt tombée, elle s’infiltrait dans le décor de la rue. Rien ne lui échappait. Elle était totale. Mais sans vie. Elle ne sentait rien. Elle ne ressemblait pas à grand chose non plus. En fait, elle ne ressemblait à rien du tout. Elle n’était que blanche et affreusement pâle. Eux aimaient la neige pourtant. C’est ce qu’ils lui disaient, t o u s l e s j o u r s. Il ne les comprenait pas. Non il ne pouvait pas les comprendre. Il n’essayait même pas d’ailleurs. Il se souvenait des enfants qui t o u s l e s j o u r s jouaient au foot au milieu de la route, parce qu’il n’y avait pas d’aire de jeu pour eux, il se souvenait de leurs cris, de leurs mouvements, de leurs petits shorts déchirés, de leurs ventres en l’air, des corps en sueur, des corps qui se dégageaient rapidement du terrain improvisé quand klaxonnaient les automobilistes pressés mais compréhensifs. Il s’en souvenait car il était là avec eux. Il se souvenait encore de la poussière sur sa peau, de ses pieds déchaussés et sales. Il se souvenait de lui à terre, légèrement égratigné, les autres enfants se ruant autour de lui pour voir si tout allait bien. Il se souvenait de Coumba arrivant à son secours. Le sourire aux lèvres, les longues tresses fines à la tête, la démarche nonchalante et volontaire. Coumba qui venait à son secours dans le soleil brûlant… Alors non, il ne pouvait pas les comprendre ! Il ne voulait même pas essayer. C’était absolument impossible. Mais parfois, il essayait de se défaire de tout ça, de ces rues inodores, il essayait de se rappeler du parfum de Coumba, de son parfum lourd et musqué. Mais le temps était plus rapide ; le froid envahissait son nez et altérait ses fonctions olfactives. Puis le laissait comme ça, rigide, immobile. Bon nègre.
T o u s l e s j o u r s, malgré tout, il faisait la route avec Coumba. Mais personne parmi eux n’aimait vraiment Coumba. Ils la regardaient mal. Ils lui crachaient au visage. Les hommes mais surtout leurs femmes. Ils déchiraient son beau pagne wax. Ils les entendaient se moquer de ses belles formes, de son beau bassin, de ses belles fesses. Alors, il était obligé de la ranger bien au fond de lui, bien au fond de son être, dans son sous être même, à l’aide de sa main nègre, pour être ainsi le seul à la voir, le seul à l’entendre, le seul à pouvoir lui murmurer son amour tous bas, discrètement, en secret. Parfois même il s’imaginait la revoir un jour. Mais l’avait-il jamais vue ? vraiment vue ? vraiment connue ? N’était-elle plus au fond qu’un songe, qu’une vieille chanson populaire dont il avait du mal à se défaire ? Non bien sûr que non ! Il y croyait à Coumba ! Elle était bien réelle ! Si réelle à ses yeux… Et si belle… Et il savait qu’un jour, oui un jour, il lui appartiendrait tout entier, comme elle lui appartiendrait tout entière. La lentille n’est faite au fond que pour épouser l’iris… rien que pour ça…
Famoudou n’est pas revenu à la maison. Nous l’attendions pourtant ce jour là. Nous l’attendions t o u s l e s j o u r s. Pourquoi a t-il fait ça ? A t-il senti le danger ? Coumba était-elle en danger ? A t-il voulu la secourir ?
Famou s’est fracassé le crâne contre le pare brise d’une voiture. Il dégoulinait de sang quand la police est arrivée. Ils ont dit qu’il était mort par acte de suicide désespéré. Nous leur avons alors dit que nous ne croyions pas à leurs visions. Mort d’accord. Suicide, certainement pas. C’était si étranger de notre Famoudou. Nous avons évoqué Coumba pour le défendre, nous leur avons expliqué qui elle était, ce qu’elle avait fait pour Famou, leur lien, leur amour. Nous avons même parlé de la main nègre pour qu’ils comprennent mieux. Ils ont juste rit. Ils ont rit ils ont rit. Ils n’ont pas arrêté de rire. Ils doivent encore rire au moment où nous écrivons.
C’est l’histoire de Famou qu’on a voulu vous conter. Les Américains auraient appeler ça « The Rise and Fall of Famoudou Kouyaté the African ». Les Américains ont beaucoup d’humour. C’est d’ailleurs leur plus grand crime.
Nous – car il s’agit bien de nous – voulions parler de Famou, de notre Famou. Raconter comment il nous fit vivre, oui raconter comment Famoudou Kouyaté nous fit bel et bien vivre.